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REGISTRES D
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Paris et Ysle de France, pour, aussi tost qu'i l'aura receu de vous, le nous envoyer, ainsi que nous luy escripvons. Et icelluy veu, nous luy manderons et à vous sur ce incontinant après nostre intention; mais gardez d'y faire faulte, car tel est nostre plaisir. Donné à Villers-Costeretz, le xv0 jour d'Aoust mil v° Ixvi.n
Signé : CHARLES. Et au dessoubz : Bourdin ;
Et au dessus : A noz tres chers et bien amez, les Pre­vost des Marchans et Eschevins de nostre bonne ville de Paris.
Veu lesquelles lectres, a esté procedé à lad. eslec­tion, et le scrutin receu par les scrutateurs a esté, •suyvant lesd, lectres, porté par monsr Du Drac, l'ung desd, scrutateurs et autres, à monseigneur le mareschal de Montmorency, chevalier de l'Ordre du Roy, son Lieutenant general et Gouverneur pour Sa Majesté à Paris et Ysle de France.
Et peu après ont esté aussi apportées lectres dud. Sr, desquelles aussi la teneur ensuit :
De par le Roy.
"Tres chers et bien amez, nous vous avons, ce jour d'huy, escript que vous ayez à proceder à l'eslec­tion du Prevost des Marchans et de deux Eschevins de nostre ville de Paris qui doibvent ceste année en­trer en charge au lieu de ceulx qui en sortent, avec vostre liberté acoustumée et la sincérité et intégrité requise en tel cas, de gens d'honneur, sincères et po­litiques, exemps de passion et amateurs du bien et repos de nostred. Ville, ce que nous estimons que vous ferez et acomplirez sincèrement. Toutesfoys voullans entendre comme le faict de ceste éllection sera passé, vous mandons et expressement enjoignons que, si tost que lad. eslection aura esté faicte, vous en portez le scrutin, signé et expedié en la forme acoustumée, es mains de nostre tres cher et amé cousin, le mareschal de Montmorency, Gouverneur et nostre Lieutenant General en nostred, ville de
DCCLXV. — Les Prevost des Marchans et Eschevins esleuz et nommez,
ET CONFIRMEZ PAR LE RoY.
19 août i566. (H 1784, fol. 377 r°.)
Et le lundi, xixe jour du present moys, monsr le Prevost des Marchans, Guyot, a esté mandé par monseigneur le mareschal, lequel luy a baillé au­tres lectres dud. Sr, desquelles aussi la teneur en­suit :
De par le Roy.
"Tres chers et bien amez, après que nostre tres cher et amé cousin, le seigneur de Montmorency, mareschal de France, Gouverneur et mon Lieutenant general en l'Isle de France, nous a envoyé le scru­tin de l'eslection qui a esté faicte par les quatre que vous avez en l'Assemblée de Ville esleuz pour faire
lad. eslection, et que nous avons bien consideré tous ceulx qui ont esté par vous esleuz et nommez, et regardé ceulx qui seroient plus propres pour le bien de nostre service, nous avons retenu et choisy nostre amé et feal conseiller et secretaire de noz finances, le seigneur de Villeroy'1', par vous esleu avec le plus grant nombre de voix, pour estre Pre­vost des Marchans, et pour Eschevins, noz chers et bien amez Nicolas Bourgeois '2) et de Bray'3'; tous lesquelz nous voullons estre par vous receuz et in­stituez ausd, charges, affin qu'ilz puissent nous faire et à nostred. Ville le service que nous actendons de leur fidélité; sy n'y faictes faulte, car tel est nostre
O Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy et d'Alincourt, secrétaire des finances et trésorier de l'ordinaire des guerres, fut aussi lieutenant général au gouvernement de l'Ile-de-France, gouverneur de Pontoise, Mantes et Meulan, trésorier de l'ordre de Saint­Michel; il prit le nom de Le Gendre pour satisfaire au testament de Pierre Le Gendre, son grand-oncle maternel, et décéda fort âgé en 1594 ; il eut pour fils le célèbre secrétaire d'Etat.
(2) Nicolas Bourgeois figure parmi les membres d'une députation envoyée, le i3 décembre i56i, à Saint-Germain-en-Laye, pour demander la mise en liberté d'un prédicateur arrêté à cause de ses discours séditieux; il fut l'un des consuls élus en 1564.
(3' Jean de Bray, qui occupa l'Echevinage de i566 à 1568, était commissaire du gouvernement de la maladrerie de Saint-Lazare et receveur général des pauvres à Paris; c'est à ce titre qu'il fit frapper, en 155g, un jeton qui est reproduit parmi les Jetons de l'Echevinage parisien, p. 191. Cette médaille représentait, d'un côté, un écu armorié avec les nom et qualité de Jean de Bray, et, de l'autre côté, saint Jean debout tenant l'agneau dans ses bras, avec la légende : Beatus qui intelligit super egenum et pau-perem. Jean de Bray demeurait sur le pont au Change, à l'enseigne de la Belle-Image.